Le rôle primordial de l’industrialisation dans le développement économique des pays est indéniable. Il existe en effet une corrélation manifeste entre le niveau de développement global d’un pays et son niveau de développement industriel, comme en témoigne la croissance spectaculaire de la Chine, portée par l’industrie, au cours de la dernière décennie. Ce constat s’appuie également sur les lois de Kaldor, selon lesquelles « la croissance du PIB est positivement corrélée à la croissance du secteur manufacturier » et « la productivité du secteur non manufacturier est positivement corrélée à la croissance du secteur manufacturier ».

Par ailleurs, l’industrie, appréhendée principalement comme le secteur manufacturier, a connu des transformations fondamentales, concrétisées par le concept de révolution industrielle. De la première révolution industrielle de la fin du XIXe siècle, caractérisée par la mécanisation de la production grâce à l’énergie hydraulique et à la vapeur, à la troisième révolution, marquée par l’utilisation massive et ingénieuse de l’électronique et des technologies de l’information pour automatiser la production, en passant par la deuxième révolution, caractérisée par l’utilisation de l’énergie électrique pour la production de masse, le concept de quatrième révolution industrielle a récemment émergé. Elle est perçue comme l’aboutissement de la Troisième Révolution, amorcée au milieu du siècle dernier. Caractérisée par une combinaison inédite de « matériel, de logiciels et de ressources humaines », elle est envisagée comme une avancée majeure susceptible d’engendrer des gains concrets en termes de productivité et de rentabilité.

Toutefois, si les pays traditionnellement développés abordent la Quatrième Révolution avec une relative assurance, qu’en est-il des pays en développement en général, et plus particulièrement des pays africains et des pays membres du Programme de coopération de l’ONUDI (PCP) ? Quels sont les défis à relever et les opportunités à saisir ? Ces pays sont-ils suffisamment préparés à la Quatrième Révolution ? Quelles mesures et réformes politiques globales doivent-ils mettre en œuvre de la part des pays africains et des pays membres du PCP de l’ONUDI pour tirer pleinement parti de la Quatrième Révolution industrielle ?